Articles RPS, QVT, Harcèlement - Sensibilisation

RH : Comment face au pervers narcissique?

Le fait de harceler autrui est puni de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 € d'amende (cf. : Article 222-33-2  Modifié par LOI n°2014-873 du 4 août 2014 - art. 40). Selon un arrêt de la Cour de cassation rendu le 08/03/17, les membres des RH peuvent être tenus pour légalement responsables des mauvaises pratiques managériales sévissant dans leur entreprise, même si elles émanent de leur supérieur hiérarchique.

 

Le harcèlement est un sujet complexe. Dans certain cas, il est l’œuvre d’une personnalité perverse narcissique.

 

Selon Isabelle Nazare-Aga, 2 à 3% de la population serait constitué de pervers narcissiques. Et selon une étude de l'Université de Bond aux États-Unis, 21% des dirigeants d’entreprise montrent des traits psychopathiques, le quasi-équivalant américain des pervers narcissiques français.

 

Je précise tout de suite que mon propos n’est pas de juger ou de condamner à l’isolement une catégorie d’êtres humains. Les pervers narcissiques sont des hommes et des femmes souffrant d’une pathologie qu’ils n’ont pas choisie.

 

Mon propos vise à partager quelques pistes de réflexion autour de la gestion par les membres des RH de la situation de harcèlement moral lorsqu’elle est impulsée par un pervers narcissique.

Pour y avoir été associée en tant que coach, j’ai pu constater la difficulté particulière que cela présente.

 

Qu’est-ce qu’un pervers narcissique ?

 

La perversion narcissique repose sur la manipulation mentale et la mise sous une emprise, par étapes, des personnes. Elle se caractérise notamment par un besoin très important d'être admiré, une forte tendance à la mégalomanie et à l'égocentrisme, une absence d’empathie et de culpabilité et une tendance à chercher la satisfaction de ses désirs aux dépens des autres.

Le plus souvent, après une première phase de séduction, il s’attaque à l’estime de soi de sa victime, cherche à l’humilier et à la faire souffrir car cela lui apporte du plaisir et valorise son pouvoir personnel

 

En tant que membre des RH, qu’est-ce qui doit m’alerter ?

 

On vous souffle qu’il y a des « problèmes avec ce manager » et qu’il est « connu pour ça ». Des collaborateurs demandent à vous parler de façon confidentielle et vous constatez sans mal leur souffrance et leur anxiété. Il y a plus d’absentéisme, d’arrêts maladie et de turn-over dans ce service qu’ailleurs etc.

 

En tant que membre des RH, que puis-je faire ?

 

Recevez en entretien les personnes du service concerné. Vous comprendrez les causes de cette situation et, le cas échéant, pourrez rassembler des éléments tangibles prouvant les agissements condamnables, au regard de la loi, du manager pervers. Dans ce cas, vous pourrez avancer vers un licenciement.

 

Peut-on améliorer la situation avec un coaching individuel du manager pervers narcissique ?

 

Le pervers narcissique ne se remet pas en question sincèrement, le coaching n’est donc pas adapté. Si vous lui proposez un coaching, il le refusera probablement en vous expliquant que le problème ne vient pas de lui, voire en se victimisant. Pour des raisons « politiques », il pourrait l’accepter, mais dans ce cas, il y a fort à parier qu’il le fera échouer. Il vous fera comprendre que votre coach n’est pas au niveau, pointant au passage votre incompétence à en sélectionner un bon… : Perte de temps, d’argent et d’énergie.

 

Et le coaching d’équipe ?

 

Idem. Même s’il l’accepte, il se soustraira plus ou moins explicitement à l’exercice. Quoiqu’il en soit, les membres de l’équipe ne s’y engageront pas pleinement.

 

Et le coaching pour les victimes ?

 

Le coaching individuel peut être une excellente solution pour renforcer sa confiance en soi, gagner en détachement, en sérénité, et en affirmation personnelle. Mais soyons clairs, une personne coachée toujours en proie avec un pervers narcissique sera limitée dans ses progrès. Le coaching ne sera pour elle qu’une bouffée d’oxygène. Il faudra donc plutôt envisager cet accompagnement après le départ du pervers narcissique.

 

Attention, ça ne sera pas facile…

 

Les preuves légales de harcèlement sont difficiles à rassembler car ses attitudes les plus toxiques sont difficiles à décrire, très insidieuses, parfois anodines…à première vue. Il arrive donc que les victimes n’osent pas en parler.

La confusion mentale et le sentiment de culpabilité présents chez elles les amènent aussi à douter de leur véritable légitimité à se plaindre.

De plus, elles se croient parfois isolées et peu crédibles vis-à-vis de leur hiérarchie et des RH. Et pour cause ! Le pervers narcissique anticipe souvent en sapant la réputation de ses victimes en interne !

Le pervers narcissique divise et fait régner la loi du silence, les témoins extérieurs hésitent donc à parler aux RH, ils ne veulent pas avoir de souci à leur tour.

Enfin, le pervers narcissique est un virtuose de la manipulation, il sait généralement très bien se promouvoir et donc trouver des appuis haut placés…Et puis, souvent charismatique, il peut intimider jusqu’à sa propre hiérarchie.

 

Que faire face à ces freins ?

 

Mettez les personnes en souffrance en confiance pour recueillir leur témoignage, elles ne doivent pas se sentir jugées.

Allez chercher des appuis hauts placés et faites prendre conscience à votre hiérarchie de la gravité de la situation, de ses conséquences et des risques encourus.

Ne vous laissez pas manipuler, séduire ou intimider par le pervers narcissique, ne le recevez pas seul.

Reconnaître Le pervers narcissique dans les couloirs de l'entreprise

Article L. 1152-4 - Code du Travail

« L’employeur prend toutes les dispositions nécessaires en vue de prévenir les agissements de harcèlement moral. »

 

Avant-propos :

 

Mon intention est de vous donner des clés pour reconnaître les personnalités perverses narcissiques dans l’entreprise afin de s’en protéger (autant que possible…).

Plus il y aura de personnes à même d’identifier ces personnalités, moins elles auront de pouvoir de manipulation et de nuisance.

 

Mon intention n’est pas d’inciter à la haine vis-à-vis de personnes prisonnières à vie d’une personnalité pathologique.

 

Je m’exprimerai au masculin par convention.

 

Qu’est-ce qu’un pervers narcissique? (PN)

 

Un PN est pervers ET narcissique.

Pervers : Sadique, il a du plaisir à infliger la souffrance morale (absence d’empathie et de culpabilité)

Narcissique : Excessivement désireux de puissance et de gloire, il s’admire, se croit supérieur aux autres et est le seul qui compte pour lui.

Manipulateur, met ses proies sous emprise et les harcèle pour le plaisir et pour se valoriser.

 

Comment reconnaître le PN dans l’entreprise ?

 

Le plus souvent, il adopte au premier abord le masque du charmeur (moins fréquemment celui du généreux, du timide ou du tyran).

Restons sur le cas le plus fréquent.

Séduisant, sa poignée de main peut être exagérément longue ou ferme, son menton haut, sa présentation soignée. Loquace et « grandiose », il a du bagou et parle souvent crûment.

 

En réunion, il arrive souvent en retard et ne s’en excuse pas. Il prend de la place (repousse les objets placés devant lui) et attire l’attention. Il peut créer la surprise : se mettre en colère, humilier un collaborateur ou quitter la réunion sans explication. Pour éviter d’être pris en défaut, il embrouille avec des grandes tirades compliquées, logiques en apparence uniquement, ou change subitement de sujet. S’il est réellement pris en défaut ou confronté à un refus, il accuse les autres, cherche à les faire culpabiliser, et peut se victimiser ou se mettre en colère. Il ne se remet jamais en cause.

 

Son management est incohérent et son équipe souvent divisée. Il y instille un sentiment de malaise et de non-liberté, et génère du stress et de la confusion. Il parvient cependant à rallier un petit « fan club ». Il cherche à intimider et s’assure qu’aucune tête ne le dépasse. Il peut se montrer alternativement amical pour recueillir des confidences (attention ! il fait des « dossiers » !) puis froid et absent (ne répond plus aux mails etc.). Il ne tient pas compte de l’emploi du temps de ses collaborateurs (demandes faites à la dernière minute, annulation de réunion etc.), et les pousse parfois à faire des choses qui ne leur ressemblent pas. Il peut ignorer les demandes personnelles même s’il dit s’en occuper (mobilité interne, augmentation, aménagement des horaires, etc.). Même en son absence, il reste très présent dans les conversations, il parasite les pensées…

 

Ambitieux, il poursuit des projets d’envergure, challengeants, valorisants, exposés ou susceptibles de le mettre en position de pouvoir.

Il n’agit pour le bénéfice de l’entreprise, de ses collaborateurs et de ses clients que dans le mesure où cela sert ses propres intérêts : sa carrière, son statut, ses revenus, son prestige.

Il est donc peu respectueux des règles éthiques, légales et administratives (il n’a pas réellement de conscience morale). Le pouvoir stimule ses tendances perverses et nourrit son narcissisme, il l’incite donc à prendre des risques. De plus, imprévisible, il peut prendre des décisions importantes de façon impulsive. Ainsi, haut placé, il est une véritable bombe à retardement.

 

Il ment constamment pour tout et n'importe quoi (performances exceptionnelles de ses enfants, histoires étonnantes qui lui sont arrivées, succès professionnels, etc.). Il accède ainsi à des fonctions pour lesquelles il n’est pas compétent. Il énonce de grands principes qu’il ne s’applique pas à lui-même. Ne supportant pas la critique, il nie même les évidences.

 

Constamment manipulateur, il peut changer d’attitude instantanément selon les circonstances et interlocuteurs, il fait passer ses messages par les autres pour pouvoir nier en être l'auteur si besoin, et divise pour mieux régner.

 

Au fond très jaloux, il dénigre beaucoup les autres, se montre ironique, caustique ou agacé par leur médiocrité. On est avec lui ou contre lui. Si vous êtes contre lui, il vous menacera plus ou moins explicitement. Il est rancunier, tactique et revanchard.

 

Cet article vous a aidé à y voir plus clair ? Merci beaucoup pour votre témoignage.

Vous pensez qu’il peut aider quelqu’un à ouvrir les yeux ? Merci beaucoup de faire suivre.

Mon manager est un psychopathe, que faire?

« Les pervers narcissiques sont appelés psychopathes légers par les Américains »

Marie-France Hirigoyen, Psychiatre, créatrice de l’expression « harcèlement moral », Experte reconnue du sujet.

 

« D’apparence normale, et de prime abord brillants et charmants, l’absence d’empathie, de honte, de culpabilité ou de remords qui les caractérise peut avoir des répercussions graves sur autrui et détruire des organisations entières. »

Manfred Kets de Vries, Professeur Emérite et Chargé de l’enseignement du développement du leadership et du changement organisationnel à l’INSEAD.

 

« Les psychopathes savent exactement ce qu’ils font, et ce qu’ils font est manipuler et tromper les autres à leurs propres fins »

Extrait du livre : « Snakes in suits »

Robert D.Hare, Psychiatre, Professeur Emérite de l’Université de la Colombie-Britannique, Expert mondialement reconnu de la psychopathie.

 

Votre manager est un pervers narcissique (PN) ?

 

Votre priorité doit être d’interrompre le plus rapidement possible cette relation qui, quoi que vous fassiez, restera toxique.

 

Pour cela, il vous faut définir une stratégie qui tienne compte de votre propre situation (matérielle, de santé, positionnement dans l’entreprise, etc.) et de la situation de votre manager (positionnement, appuis, réputation, « dangerosité » etc.).

 

Voici quelques conseils pouvant vous y aider.

 

Brisez la loi du silence et parlez vrai

 

  • Informez votre RH et votre n+2 de la situation et de votre intention de vous affirmer face aux attaques et abus. Prévenez-les également des probables réactions que cela suscitera chez votre manager : Dans un premier temps, il cherchera à vous décrédibiliser en interne, et dans un second temps à vous faire licencier (ou sortir de votre poste).
  • Dénoncez ses agissements condamnables, idéalement dès le début de la relation, et parlez vrai. Si vous « politisez » votre discours, vous nous ne permettrez pas à votre interlocuteur de prendre pleinement la mesure de la situation.
  • Cherchez des appuis, votre parole peut encourager d’autres personnes à s’exprimer. Se murer dans le silence protège le PN.

 

Reprenez le contrôle de vous-même

 

  • Prenez acte de la situation : Oui, la perversité existe.
  • Essayez d’être lucide : Si vous souffrez, il est urgent d’agir et peut-être de demander de l’aide.
  • Revenez à vous, demandez-vous : Qu’est-ce que je veux vraiment ? Qu’est ce qui est le plus important pour moi ? (une victime de harcèlement par un PN « s’oublie », ses repères et émotions sont brouillés).
  • Rétablissez vos limites, demandez-vous : Quelle est ma mission ? Mon cadre éthique ? Qu’est-ce qui porte atteinte à ma dignité ? Qu’est-ce que je ne veux plus accepter ?

 

Détachez-vous

 

  • Cessez de chercher à comprendre le comportement et les dénigrements de votre manager (chercher à mettre de la cohérence où il n’y en a pas épuise et fragilise).
  • Cessez de chercher sa reconnaissance (vous ne l’aurez jamais sincèrement).
  • Cessez de chercher à renouer la confiance et à améliorer la relation (elle ne redeviendra jamais normale, et ne l’a d’ailleurs jamais vraiment été), et ne vous laissez pas amadouer.
  • Cessez de lui parler de vos émotions, de vos difficultés ou de votre vie privée (ce sont des prises pour un PN).

 

Posez vos limites, apprenez à dire non

 

  • Laissez du temps entre une demande et votre réponse (vous aimeriez avoir de la répartie et lui répondre du tac au tac ? Je vous le déconseille car c’est difficile et il est probablement meilleur que vous à ce petit jeu).
  • Posez vos limites : Restez dans le cadre de votre mission, de la loi et de l’éthique.

 

De cette façon, vous vous dégagez de son emprise.

Si le PN n’a plus d’emprise sur les personnes (collaborateurs, pairs, hiérarchie, etc.), et donc de pouvoir (séduction, manipulation, intimidation, etc.) il part.

 

Mettez de la distance et du formalisme

 

  • Evitez d’être seul avec lui.
  • Prenez un air détaché : Ni séduit, ni intimidé, ni affecté, et parlez posément.
  • Renvoyez-le à ses jugements sans donner votre avis : Vous voyez les choses comme ça ? C’est votre point de vue.
  • Prenez des notes quand il vous parle.
  • Communiquez le plus possible par écrit et de façon factuelle.
  • N’acceptez pas une demande floue : Faite-lui valider par écrit une reformulation claire et précise de sa demande.

 

Et, s’il n’est pas trop dangereux : Affirmez-vous

 

S’affirmer sainement implique d’agir dans le respect de soi, et non contre l’autre. Ne cherchez donc pas à le dominer.

  • Relevez et confrontez ses injustices, incohérences, dénigrements etc. Autant que possible, ne vous justifiez pas, et ne parlez pas de vous mais de lui : Que voulez-vous concrètement ? Sur quels éléments se base votre décision ?
  • Faite-le clarifier ses ambigüités et sous-entendus
  • Faite-le s’engager : « Qu’allez-vous faire exactement »
  • Recentrez les conversations sur leur sujet

 

Si vous vous affirmez et que le manager a des traits PN / psychopathiques peu marqués (il y a des degrés), il peut vous lâcher puis vous éviter (il craint viscéralement l’humiliation). Mais si ses traits PN / psychopathiques sont marqués, il risque de redoubler ses attaques contre vous. Devant l’urgence de la situation, votre RH peut alors être contraint de vous proposer une mobilité voire une rupture conventionnelle, et plus rarement, c’est au manager que sera proposé le départ. Ce n’est certes pas idéal, mais n’est-ce pas plus sain que de vous épuiser dans une relation toxique… ?

Le DRH, Le DG & Le pervers

 « Incontestablement, les pervers ressentent une jouissance extrême, vitale, à la souffrance de l’autre et à ses doutes, comme ils prennent plaisir à asservir l’autre et à l’humilier. »

Marie-France Hirigoyen Docteur psychiatre, créatrice de l’expression « harcèlement moral »

 

Vous soupçonnez un manager d’exercer un harcèlement moral pervers sur un ou plusieurs de ses collaborateurs, voici quelques conseils pour gérer cette situation particulière : (en complément de l’article : RH : Faire face au pervers narcissique)

 

Le DRH face au manager pervers

 

Dans votre communication avec le manager pervers vous risquez d’être rapidement dans la confusion, parfois intimidé et parfois charmé. Manipulateur hors pair, il peut également vous inciter à agir de façon inhabituelle voire incongrue. Quelques conseils…

 

Affirmez votre cadre d’exercice

Avant toute chose, gardez la tête froide, clarifiez votre rôle et votre cadre éthique et posez vos limites. Ne vous sur-adaptez pas à ses attentes et refusez de mener des actions hors de vos fonctions et de vos process habituels.

 

Prenez vos distances et mettez du formalisme

Montrez-vous posé et détaché.

Préférez une communication écrite et avec témoin (copie à votre n+1 / son n+1).

N’acceptez pas un discours vague, alambiqué ou ambigu : Faites-lui tout préciser factuellement.

Recentrez les échanges sur leur sujet (son comportement par exemple), et faites-le s’engager.

 

Résistez aux tentatives d’intimidation

Son réseau est souvent bien plus fragile qu’il n’y paraît car il a rarement de réels amis. Il s’agit davantage d’un réseau d’intérêts pour partie fantasmés.

 

Le DRH face aux victimes

 

Les victimes de harcèlement pervers se sentent vidées, sidérées, culpabilisées, humiliées.

De ce fait les signalements peuvent tarder à venir jusqu’à vous et être confus et peu étayés. Il vous faudra alors diligenter systématiquement une enquête rigoureuse et recevoir tous les collaborateurs de l’équipe concernée. Il est alors essentiel de se positionner comme le référent à l’écoute des problématiques de souffrance au travail. Créer la confiance avec compassion et rassurer sur la confidentialité des témoignages incitera les personnes à briser la loi du silence dans laquelle elles ont pu s’emmurer.

 

Le DRH face à sa hiérarchie

 

Anticipez et cherchez des appuis

 

En tant que DRH, il vous faudra parfois l’appui de votre hiérarchie pour mener les actions appropriées (mobilité, disciplinaire, licenciement, etc.) et cela ne sera pas toujours simple. En effet, virtuose de la manipulation, le manager pervers sait très bien charmer sa hiérarchie voire la vôtre, et cela d’autant plus qu’elles méconnaissent le profil pervers narcissique. De plus, le pervers à souvent un coup d’avance et aura pu prendre soin d’entacher votre crédit en interne de façon à vous isoler dans vos positions. Il vous faut donc être très réactif et chercher des appuis dès vos premiers soupçons de harcèlement.

 

Décrivez les risques que présente la situation

 

Risques humains, évidemment : souffrance des collaborateurs…

Risques financiers : arrêts maladie, turn-over, départ des collaborateurs ayant la plus forte employabilité sur le marché, coût d’une procédure et d’une condamnation aux prud’hommes, etc.

Risque pour réputation de l’entreprise : marque employeur entachée, à l’ère des réseaux sociaux c’est un risque réel !

Risques légaux : L’article 1152-4 du Code du travail prévoit que : « L'employeur prend toutes dispositions nécessaires en vue de prévenir les agissements de harcèlement moral ». L’employeur est tenu d'une obligation de résultat en matière de prévention du harcèlement, et il est responsable dès qu'un salarié est victime de tels agissements. Ainsi, la Cour de cassation a récemment jugé que manque à son obligation de sécurité, l’employeur qui, en dépit des signalements de la médecine du travail, du CHSCT et des syndicats, n'a entrepris aucune enquête sérieuse et laissé la situation se dégrader (Cass. soc. 9 juillet 2014 n° 13-16.797). La passivité de l’employeur est sanctionnée.

Risque sur le leadership : L’inertie dans la gestion de la situation impacte la crédibilité du dirigeant et de la DRH en interne. Comment accepter de voir certaines personnes sanctionnées pour des causes de toute évidence moins graves qu’un harcèlement alors que le manager pervers ne l’est pas ? Sensibilisez votre hiérarchie sur le risque de se voir déchue de son leadership. Un grand leader se distingue par son discernement, son sens des responsabilités, son courage, son intégrité et sa vision long terme… Laisser « pourrir » la situation donnerait l’image inverse.

 

Tous responsables

 

Pour prévenir ces situations et permettre une grande réactivité dans leur gestion, pourquoi ne pas impulser une culture du « tous responsables », instaurer une code de conduite précis instituant une obligation éthique de solidarité vis-à-vis de la souffrance manifeste de son voisin de bureau, une culture du « un pour tous et tous pour un » refusant le politiquement correct à outrance, libérant la parole, l’expression de celles et ceux qui ont encore l’assurance de parler, pour que personne n’ait la caution morale de dire : « on savait que ça n’allait pas avec ce manager » sans avoir rien fait.

Management toxique et personnalités harcelantes

“Rien n'est plus difficile pour chacun d'entre nous que de situer ce qu'il a fait et de se situer soi-même à sa juste mesure.”

Jean d'Ormesson

 

Qu’est-ce qu’un management toxique ?

 

Pour réduire la complexité de cette question et l’appréhender avec efficacité, considérons qu’un management est toxique dès lors qu’il induit une souffrance de nature à affecter l’estime personnelle, la motivation et la performance des collaborateurs.

Les origines d’un management toxiques sont toujours multiples et intriquées.

 

Cet article vise à offrir un éclairage aux personnes en responsabilité sur les questions du développement managérial et des RPS.

 

Des facteurs organisationnels : méthodes de management et culture d’entreprise

 

Un management peut être vécu comme toxique sous l’impulsion de facteurs organisationnels, essentiellement ceux-ci :

  • Changements non accompagnés ou changements réguliers de stratégie, manque d’une vision long terme fédératrice et donc de sens.
  • Management incohérent du fait d’un écart entre les discours et les comportements, en particulier sur l’éthique.
  • Surcharge de travail par rapport aux délais à tenir.
  • Management trop directif ou inversement trop laxiste.
  • Management sans définition claire des rôles et responsabilités.
  • Digitalisation excessive et isolement.
  • Culture du personal branding et de la compétition en interne.

 

Un management toxique n’est possible que dans une organisation qui culturellement l’autorise.

 

Des facteurs individuels : de la carence managériale à la personnalité pathologique

 

Factuellement la toxicité d’une relation est une émergence de la relation elle-même, elle ne peut pas être imputée qu’à un des acteurs de la relation, les caractéristiques personnelles des collaborateurs en souffrance font donc partie de l’équation. Elles sont à chercher du côté de la difficulté à poser ses limites, d’un besoin de soigner l’autre, d’une grande conscience professionnelle et d’une peur d’abandon. Cela dit, à ce jour, les recherches concluent à l’absence d’un profil type de « victime » et, sur ce point, ma conviction est que nul ne peut prétendre à l’invulnérabilité face à un manager toxique.

 

Qu’est-ce qui rend un manager toxique pour ses collaborateurs ? Une fois de plus la problématique est dense et complexe et les caractéristiques indissociables les unes des autres.

 

Distinguons les principaux facteurs individuels suivants :

  • Le manque de compétences managériales et relationnelles et les convictions personnelles du manager sur les méthodes à employer.
  • Le manque d’intelligence émotionnelle (conscience de soi, des autres, de son impact dans la relation etc.) et d’empathie.
  • Le manque d’estime de soi (un style arrogant, orgueilleux donne l’illusion d’une surestime de soi alors qu’une personne peut dominer et agresser pour se protéger).
  • Le manque d’éthique personnelle et de conscience morale.
  • La jalousie.
  • La soumission à l’autorité d’un responsable ou d’une organisation aux méthodes toxiques voire perverses.
  • La difficulté à gérer son stress (le stress peut induire des comportements sur-contrôlants, critiques, condescendants, accusateurs et manipulatoires).

 

Dans ces cas, les managers toxiques ont rarement l’intention consciente de nuire. S’ils se voient reprocher leurs comportements, généralement, ils en minimisent les impacts et en justifient la nécessité.

 

Le cas des personnalités pathologiques harcelantes

 

Selon Quentin Debray, Professeur de psychiatrie :

« Une personnalité désigne un ensemble de caractéristiques psychologiques permanentes chez un individu. Nous avons tous une personnalité, certaines sont pathologiques. Il y a une dizaine de personnalités pathologiques, avec une graduation entre des cas légers et des cas graves. »

 

Selon Marie-France Hirigoyen, Docteur psychiatre et créatrice de l’expression « harcèlement moral » : « Les principales personnalités pathologiques harcelantes au travail sont la personnalité obsessionnelle, la personnalité paranoïaque et la personnalité perverse narcissique »

 

La personnalité obsessionnelle

Ayant un très important besoin de maîtrise, le manager obsessionnel est excessivement méticuleux, ses attentes de perfection l’amènent à surcontrôler dans le détail et ralentissent le travail. Rigide et autoritaire, le manager obsessionnel est extrêmement vulnérable face à la critique de sa hiérarchie.

Il n’a pas l’intention de nuire.

 

La personnalité paranoïaque

Distant au premier abord, rigide dans ses opinions, susceptible, il crée une tension dans la relation. Méfiant et soupçonneux, il cache ses sentiments de peur que l'on s'en serve contre lui. Il est intransigeant envers ses collaborateurs, obséquieux envers les supérieurs, et en rivalité avec ses pairs. Jaloux et revanchard, il génère de perpétuels conflits. Dominateur et orgueilleux, il se considère comme supérieur aux autres et les met en doute et avec une fausseté de jugement caractéristique.

Il peut avoir l’intention de nuire.

 

La Personnalité perverse narcissique

La perversion narcissique repose sur la mise sous une emprise par étapes des personnes et la manipulation mentale. Elle se caractérise par une forte tendance à la mégalomanie et à l'égocentrisme, une absence d’empathie et de culpabilité et une tendance à chercher la satisfaction de ses désirs aux dépens des autres. Le plus souvent, après une première phase de séduction, il s’attaque à l’estime de soi de sa victime, cherche à l’humilier et à la faire souffrir car cela lui apporte du plaisir et valorise son pouvoir personnel.

Sa toxicité est maximale car intentionnelle.

 

“Je trouve que si Dieu n’existe pas, la vie est une farce tellement tragique qu’il faut espérer à tout prix qu’il existe.”

Jean d'Ormesson

Diagnostiquer le harcèlement pervers : Pourquoi ? Comment ?

« Il y a des gens qui arrivent à joindre l’inutile au désagréable. »

Philippe Geluck

  • Dans le cadre du management toxique : Le cas du harcèlement moral

 

Un management est toxique dès lors qu’il induit une souffrance de nature à affecter l’estime personnelle, la motivation et la performance des collaborateurs. Ses origines sont multiples et intriquées et dépendent de facteurs organisationnels (méthodes de management, culture d’entreprise etc.) et individuels (manque de compétences managériales, d’empathie et d’éthique, impulsivité etc.)

 

Le harcèlement moral est parfois nié ou inversement fantasmé du fait d’une méconnaissance du concept. L'article L 1152-1 du code du travail précise qu’ « aucun salarié ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d’altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel ». Cela signifie :

- que le harcèlement peut être vertical, horizontal ou ascendant,

- qu’il vise une personne en particulier,

- que les agissements de harcèlement sont subis, le silence ne valant pas acceptation, et répétés,

- qu’il peut y avoir harcèlement avec ou sans intention de nuire (pour objet / pour effet),

- qu’il y a faute (inégalité de traitement, retrait d’avantage, propos insultants etc.)

- qu’il peut y avoir harcèlement moral même sans atteinte effective aux droits, à la dignité ou à la santé du salarié.

Un harcèlement moral n’est pas un conflit.

 

  • Dans le cadre du harcèlement moral : Le cas du harcèlement pervers

 

Je qualifie de harcèlement pervers le harcèlement moral exercé par une personnalité perverse (ou psychopathique). Dans ce cas, le harceleur a l’intention de nuire.

La personnalité perverse se caractérise par une forte tendance à la mégalomanie et à l'égocentrisme, une absence d’empathie et de culpabilité et une tendance à chercher la satisfaction de ses désirs aux dépens des autres. Le pervers cherche à détruire « en douce » le désir de sa victime (son goût de la vie) en l’humiliant car cela valorise son pouvoir personnel et lui apporte du plaisir.

 

  • Pourquoi distinguer le harcèlement pervers d’autres formes de harcèlement ?

 

Parce que comparativement à d’autres formes de harcèlement ou RPS, du fait de son intentionnalité et de son caractère sournois, le harcèlement pervers est le plus destructeur qui soit.

 

Parce que la personnalité perverse devrait être repérée, elle est dangereuse pour l’organisation :

  • Le pervers n’agit pour le bénéfice de celle-ci que dans le mesure où cela sert ses propres intérêts.
  • Il tétanise les talents de ses interlocuteurs (en 360°).
  • Et, le pouvoir attisant son narcissisme et ses tendances perverses, il l’incite à prendre des décisions importantes voire risquées pour lesquelles il n’est pas forcément compétent.

Et parce que les stratégies à mettre en œuvre pour gérer efficacement le harcèlement pervers dans l’entreprise diffèrent de celles à envisager dans d’autres situations de harcèlement, ou plus globalement de RPS.

 

  • Comment distinguer le harcèlement pervers d’autres formes de harcèlement ?

 

Difficile, car nous parlons d’un virtuose de la manipulation !

 

Voici tout de même quelques indicateurs caractéristiques :

 

Chez la victime, vous pourrez constater :

  • Qu’elle est craintive, qu’elle a perdu en confiance en elle (au fond elle a peur et a honte).
  • Qu’elle hésite à s’exprimer sur ce qu’elle subit, et qu’elle le fait de façon plutôt confuse.
  • Qu’elle est isolée.

 

Chez le pervers, vous pourrez constater :

  • Qu’il est séducteur, un peu « sans gêne ».
  • Qu’il ne permet pas une discussion réellement constructive sur son comportement : il se victimise ou menace, vous « snobe », s’impatiente, reste flou, ambigu, « noie le poisson », etc.
  • Qu’il ne semble pas se remettre en question sincèrement (il n’est pas très à l’écoute et pas vraiment affecté)

 

"Je n'en reviens toujours pas de gagner ma vie en emmerdant les autres."

François Damiens

La victime née existe-t-elle?

Les psychologues savent depuis longtemps déjà que plus une personne est psychopathe, plus elle identifie facilement la victime potentielle. Grâce à une étude de l’université de Brock (Canada) publiée en 2009 sur Criminal Justice and Behaviour, on sait qu'elle le fait en observant sa démarche.

« Les pervers narcissiques sont appelés psychopathes légers par les Américains »Marie-France Hirigoyen, Psychiatre, créatrice de l’expression « harcèlement moral », Experte reconnue du sujet.

Le pervers narcissique ou psychopathe, ci-après dénommé PN, « scanne » la personne et identifie ses failles mieux que quiconque.

 

« Dans ces histoires c’est du 50/50… »

FAUX

Dans le cas très particulier de la relation PN / victime, l’adage qui tendrait à dire que « dans ces histoires c’est du 50/50 » ne tient pas car le PN cache son jeu, brouille les pistes et ne permet pas à sa victime de comprendre ce qui se joue en douce. Définitivement, il ne s’agit pas d’un conflit avec des torts partagés. De plus, la victime d’un PN ne se complaît pas dans sa situation, et ne l’a pas cherchée.

 

« Elle est trop sensible … »

FAUX

Seule une personne elle-même PN peut se targuer d’être invulnérable face à un PN. Autrement dit, environ 98% d’entre nous sommes vulnérables face à un PN.

 

« Il y a quand même des personnes qui attirent les problèmes… »

 

VRAI et FAUX

A ce jour, les recherches concluent à l’absence d’un profil type de victime.

Pour autant, il existe chez les victimes des caractéristiques personnelles qui elles attirent le pervers. Ces caractéristiques sont attirantes car elles favorisent l'emprise et/ou parce que les détruire valorise le pouvoir personnel du PN en lui apportant du plaisir.

 

Des croyances piégeantes favorisant l'emprise

… par exemple

  • Je n’aurais pas forcément mieux ailleurs, le monde du travail est dur partout.
  • Je dois être irréprochable.
  • S’il me critique, c’est qu’il y a quelque chose que j’ai mal fait, ou que je n’ai pas compris.
  • Si je m’affirme, je vais provoquer des tensions, déplaire, déranger, être jugé, rejeté etc : il ne vaut mieux pas.
  • Il sait bien ce que je pense. Les autres voient bien ce qui se passe.
  • J’agis de cette façon à cause de lui. Il m’empêche de … Je ne peux rien dire.

De belles qualités dont la destruction par le PN valorise son pouvoir

 

La sociabilité, l’extraversion, la gaieté, la beauté :

Avec ces qualités, la personne peut servir de faire-valoir au départ.

 

De belles qualités favorisant l'emprise et dont la destruction par le PN valorise son pouvoir

 

La rigueur, le souci de la qualité, l’implication, l’intégrité, l’honnêteté, la loyauté, la conscience professionnelle :

La personne peut se prendre au piège de sa quête de reconnaissance du PN, quête l’amenant à en faire toujours plus et à s’épuiser car elle n’en verra que le « teaser ». De plus, engagée dans sa mission, elle peut culpabiliser « d’abandonner » son équipe voire son bourreau.

 

La générosité, la bienveillance, la tolérance, l’ouverture, un côté « sauveur » dans l’âme :

La personne qui a du mal à concevoir que la perversité existe trouve des excuses à son agresseur et s’échine à vouloir améliorer la relation. Empathique, elle peut ressentir le besoin de « sauver » le PN qu’elle croit malheureux.

Le PN est également attiré par les personnes bienveillantes pour se faire servir.

 

L’intelligence :

Plus on est intelligent, plus on se remet en cause, plus on essaye de comprendre le point de vue de l’autre, le pourquoi du comment, et de trouver des solutions. Face au PN c’est vain car son comportement est faux et incohérent. Aussi, plus la personne surefficiente cherche le sens de tout ça, plus elle réfléchit, plus elle se crée une grande confusion mentale. Paul-Claude Racamier parle de « décervelage ». Par ailleurs, la personne surefficiente cumule les risques car elle est également souvent empathique et bienveillante !

 

Et quelques failles favorisant l'emprise...

 

Le manque d’estime de soi, de confiance en soi et d’affirmation personnelle :

La personne a des difficultés à poser ses limites face aux abus du PN, alors, elle se sur-adapte, ne s’écoute pas assez, culpabilise et se justifie trop.

 

La peur d’abandon :

Cette peur induit une plus grande difficulté à rompre le lien.

 

Chers amis RH et Dirigeants, vous l'aurez compris, ce sont bien les meilleurs talents de votre entreprise qui seront mis au tapis les premiers par le pervers narcissique...

 

« Pour qu'il y ait le moins de mécontents possibles il faut toujours taper sur les mêmes » Devise Shadock

Comment éviter d'être le proie du pervers narcissique?

1- Prenez acte

Oui, la perversité existe, et non, les pervers ne sont pas forcément des personnes en souffrance ayant manqué d’amour et qui n’attendent qu’à être sauvés de leur mal par leurs bienveillants collaborateurs…

 

2 - Séparez davantage les espaces pro et perso

Attachez-vous à rester très professionnel au travail. Et même si on peut naturellement et heureusement s’y faire des amis, voire y rencontrer le grand amour, prenez du recul, du temps, et ménagez-vous toujours une sphère intime. Le mélange excessif des sphères pro et perso est à la mode, mais ce n’est pas parce qu’on vient au travail en baskets, qu’on tutoie le CEO, qu’on fait des photos funs, des baby-foot et qu’on boit des coups à l’occasion que les salariés deviennent bienveillants. Le mélange des sphères induit des limites floues entre ce qui est normal, acceptable dans l’entreprise et ce qui ne l’est pas, et ouvre la porte à l’intrusion dans l’espace intime. Le pervers se fond mieux dans un décor où des comportements un peu « limites » sont tolérés, et cela lui ouvre un terrain de jeu.

 

3-    Ecoutez vos émotions et votre intuition

Revenez à vous, et demandez-vous si ce qui se passe ici, maintenant, est juste et bon pour vous… ou tout au moins constructif.

Vous sentez-vous libre dans cette relation ? Dominé ? Coincé ? Respecté ?

Ressentez-vous un juste équilibre entre le « donner » et le « recevoir » ?

Par conséquent, convient-il d’écourter cet échange ? D’interrompre cette relation ?

 

« La personne solaire n'est pas intrusive et vous accueille dans un espace bienveillant où vous vous sentez pleinement libre d'être qui vous êtes. Elle peut vous transmettre de la joie et vous faire ressentir l'importance de votre existence. » Ariane Bilheran

 

4-    Auto-évaluez votre performance professionnelle

Apprenez à auto-évaluer votre performance professionnelle et à vous fixer des axes de progrès. Bien sûr, il convient d’écouter le feed-back de votre manager et d’apprécier sa reconnaissance, mais prenez une certaine distance. N’attendez pas sa validation pour vous autoriser à respirer et à être fier de vous. Vous gagnerez en indépendance d’esprit et serez moins vulnérable. Et puis, vous n’avez pas à être parfait pour être un bon potentiel pour l’entreprise.

 

5-    Affirmez-vous

Par exemple, si quelqu’un vous critique, demandez-lui : « Quel est le problème exactement ?».

Ou si l’on vous provoque : « Quelle est votre intention là, maintenant ? ».

Votre interlocuteur se comporte d’une façon qui ne vous convient pas ? Faites une demande claire, explicite de comportement, par exemple : « Dorénavant, je vous demander de passer par moi pour consulter mes dossiers ».

Et s’il y a des témoins ? en réunion par exemple ?

Et bien... Faudrait-il accepter de se sentir abusé, voire humilier en public ?

Ce qui est important, est de ne pas chercher à dominer ou contrôler l’autre et encore moins à être aussi mauvais que lui, dans un esprit revanchard, mais simplement de s’autoriser à s’exprimer, clairement et librement.

La loi du silence protège les pervers.

Enfin, ne vous sur-adaptez pas aux attentes diverses et variées des uns et des autres, prenez le temps de clarifier votre rôle et affirmez votre cadre d’exercice.

 

"L'esclave, à l'instant où il rejette l'ordre humiliant de son supérieur, rejette l'état d'esclave en lui-même." Albert Camus, l'homme révolté

#RPS, #QVT, #Harcèlement Moral, #RisquesPsychosociaux,